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DOSSIER HORMONES

Par Micheline O’Shaughnessy, B.A. Recherchiste spécialisée dans le dossier de l’hormonothérapie. Publié dans L’Émeraude Plus de mars-avril 2003

 

Les femmes de Rouyn-Noranda se posent des questions...

La lettre qui suit a été envoyée par un groupe de femmes de Rouyn-Noranda à leur journal local après qu'elles eurent assisté à une conférence de la Dre Michèle Moreau, M.D., omnipraticienne rattachée à l’hôpital Notre-Dame de Montréal.

Cher éditeur,

     Le 12 février, en compagnie d’une centaine de femmes de Rouyn-Noranda, nous avons assisté à une conférence de la Dre Michèle Moreau. Comme toutes les femmes qui étaient là, nous nous posions bien des questions sur l’hormonothérapie. Mais nous en sommes ressorties insatisfaites, avec plus de questions et d’incertitudes qu’auparavant.

     L’été dernier, l’étude Women Health Initiative (WHI) a été un événement dont les médias ont beaucoup parlé. On nous a dit que c’était la première étude sur l’hormonothérapie de substitution qui avait été menée selon les règles scientifiques. On nous a dit aussi que cette étude s’était terminée trois ans avant le terme prévu à cause d’une augmentation inacceptable des risques de cancer du sein, de maladies cardio-vasculaires et de coagulation anormale du sang.

     Nous venons d’entendre la Dre Moreau dénigrer cette étude et minimiser son importance. Mais cela ne nous a pas surpris : depuis l’été dernier, nous l’avions vue à la télévision en faire autant à maintes reprises. Pourtant dans certaines émissions où d’autres médecins étaient interviewés (p. ex. à Enjeux), il était évident que ses opinions ne cadraient pas avec celles de ses collègues, qui prenaient sérieusement les résultats de l’étude WHI et avaient adopté une approche plus prudente à l'hormonothérapie conventionnelle.

     L’automne dernier, les journaux ont annoncé que la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) avait émis de nouvelles directives relativement à l’hormonothérapie. Après avoir étudié cette question à fond, la SOGC avait déclaré : « Il n’est pas recommandé de suivre une hormonothérapie combinée et continue si l’on cherche uniquement à prévenir les maladies du coeur. L'hormonothérapie combinée et continue n’est plus davantage recommandée comme traitement principal contre l’ostéoporose, le cancer colorectal ou la maladie d’Alzheimer. » Cependant, même si la SOGC ne recommande plus la prise « continue » d’hormones – ce qui veut dire pendant plus de cinq ans – cela n’empêche pas la Dre Moreau de continuer à préconiser que les femmes prennent des hormones « le plus tôt possible et le plus longtemps possible ».

     La Dre Moreau n’a épargné aucun effort pour minimiser les risques associés à l’'hormonothérapie substitutive, affirmant que même si l’oestrogène stimulait un cancer, ce serait « avantageux » puisqu’il sera ainsi dépisté et traité plus tôt ! Mais sans hormonothérapie, combien de cancers seraient tout simplement évités ? Nous étions perplexes... d’une part la SOGC conseille aux médecins d’être prudents, d’autre part nous assistions à un « show » où tous les arguments en faveur de la prudence étaient démolis. Vu que cette conférence gratuite était sous la bannière d'une grande chaîne de pharmacies – s’agissait-il purement et simplement d’un effort de marketing ?

     Il est évident que nous, les femmes, représentons un marché des plus lucratifs pour les compagnies pharmaceutiques, et chose certaine les affaires sont bonnes au Québec ! En annonçant les nouvelles directives de la SOGC, le Dr Claude Fortin, président de l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, faisait remarquer dans une conférence de presse que « Le pourcentage des femmes ayant recours à l’'hormonothérapie est de 30 à 35 % au Québec, alors qu’il n’est que de 15 à 20 % au Canada. » Dans la même conférence de presse, le Dr Fortin admettait que la médecine traditionnelle n’a pas le monopole du soulagement de la ménopause, ajoutant que « 10 ou 15 produits naturels peuvent aider ». Entre temps, la Dre Moreau insiste qu’il n’y a point de salut à la ménopause sans hormones. Mais les femmes ne sont pas dupes – nous avons trop entendu parler des problèmes liés à la médicalisation de la ménopause. Peut-on espérer qu’il y aura bientôt des médecins qui se promèneront en région pour donner des renseignements objectifs sur l’hormonothérapie et les alternatives naturelles, et répondront vraiment aux questions que les femmes se posent ?

- Un groupe de femmes inquiètes de Rouyn-Noranda.

Pour plus de renseignements, communiquez avec Mme Rosane Valois de Rouyn-Noranda, (819) 797-5337

 

     À titre de commentaire, j’ajouterais que j’ai récemment assisté à Ottawa à une conférence (coût d’entrée 25$) donnée sur l’étude WHI par la Dre Elaine Jolly, M.D., spécialiste de la médecine des femmes depuis des décennies, et détentrice de l’Ordre du Canada pour sa contribution à cette cause. À l’instar de la Dre Moreau, elle a parlé de ce qui est certainement un point faible de l’étude WHI : plusieurs participantes, dont l’âge allait de 50 à 79 ans, étaient trop âgées pour entreprendre une hormonothérapie. Il est bien évident que les femmes qui n’ont jamais pris d’hormones ne devraient pas commencer à le faire à 70 ans ! Mais la Dre Jolly n’a pas pour autant dénigré cette étude, qui ne faisait que refléter la réalité car jusqu’à maintenant les médecins prescrivaient souvent des hormones à des femmes âgées qui n’en avaient jamais pris auparavant. De plus, les résultats de l’étude demeurent valides car les problèmes constatés ont également affecté les femmes plus jeunes.

     Les conseils de la Dre Jolly reflétaient les directives de la SOGC : si vous avez besoin d’hormones pour améliorer votre qualité de vie pendant la ménopause, prenez la plus petite dose possible et au bout de cinq ans, évaluez soigneusement le pour et le contre. À plus long terme, ne vous fiez pas uniquement aux hormones pour prévenir l’ostéoporose. La Dre Jolly a passé en revue les approches naturelles, particulièrement en nutrition et phytothérapie, qui avaient passé le test de la science pour aider les femmes ménopausées. Ce sont des sujets que j’aborderai dans mes conférences du printemps.

Bonne santé au naturel !   Micheline

Pour plus d'information: 1-800-486-0535    Courriel : info@santedesfemmes.com

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